Près de 200 personnes lors de la Journée de Sensibilisation sur la Fondation Benoît Menni.

Escrito el abr 17, 2012

Le 21 mars 2012, au siège de la Communauté provinciale, C/ Vaquerías 7 de Madrid, a eu lieu une journée de sensibilisation sur la Fondation Benoît Menni, qui a pour objectif de « garantir le droit à la santé, en particulier la santé mentale, aux 27 pays dans lesquels se trouve la Congrégation, dont 21 se situent au sud du monde.

Ouverture et salutations

La rencontre a démarré avec les salutations d’accueil de la Supérieure provinciale de Madrid, Mª Asunción Riopedre, qui a annoncé la prochaine ouverture du Centre de Santé mentale « Saint Benoît Menni » à Bata (Guinée équatoriale), fixée pour le 28 avril prochain. Aussitôt après, Mme. Gema Romero, secrétaire de la Fondation, a lu les salutations de sœur Begoña Pérez, Conseillère générale et Présidente de la Fondation, dans lesquelles a été souligné notre engagement vis-à-vis des personnes les plus vulnérables, tels que les malades mentaux du continent africain.

La journée est coordonnée par Lourdes Núñez, responsable des projets et des subventions dans la Province de Madrid.

Sentiers de dignité

Ensuite a eu lieu la projection du documentaire « Sentiers de Dignité », une vidéo de la Fondation Benoît Menni qui met en relief certaines données très importantes sur le fait que, dans le monde, plus de 400 millions de personnes souffrent de troubles mentaux, neurologiques ou tout autre type de problèmes liés à l’abus d’alcool et de drogues. Ce documentaire décrit également l’engagement de la Congrégation, en particulier dans les neuf centres spécialisés d’Afrique, dans lesquels des sœurs et des collaborateurs tentent de rendre la santé et la dignité aux personnes atteintes d’une maladie mentale ou d’un handicap intellectuel.

La projection nous transpose dans la réalité africaine et crée des sentiments de compassion, de solidarité et de gratitude envers la Congrégation et vis-à-vis des personnes impliquées dans ces projets.

Ensuite, Sœur Mª Rosa Izquierdo, membre de la Fondation Benoît Menni, fait sa présentation. Elle décrit la raison pour laquelle elle a été créée, les objectifs visés, le cadre d’intervention et les projets qu’elle développe. Elle insiste sur le fait que ce service remplit pleinement sa vie hospitalière parce qu’il s’agit d’aider les gens qui travaillent directement avec les personnes les plus nécessiteuses.

« La santé mentale sur le continent africain : le cas de la Guinée équatoriale »

La coordinatrice de la cérémonie présente le Dr. Juan Gómez de Tojeiro, médecin psychiatre du Complexe d’Assistance de Ciempozuelos (Madrid), qui expose le travail réalisé sur la santé mentale en Guinée équatoriale, auquel il a consacré 18 mois durant ces deux dernières années.

Le Dr. Gómez, par le biais d’un cabinet-conseil de la Fondation de Religieux pour la Santé, a réalisé un travail inédit dans un pays africain : analyser, diagnostiquer et planifier l’approche de la santé mentale sur tout le territoire. Dans cette étude, il a réussi à impliquer les autorités sanitaires du pays et a compté sur les forces vives qui travaillent sur le « terrain » pour la promotion et le soin de la santé, parmi lesquelles nos sœurs. Depuis l’implantation de la Congrégation en Guinée en 1980, nous nous sommes occupés des malades mentaux, en couronnant cet engagement par la construction du Centre de Santé mentale à Bata.

Son exposition dépasse les limites de cet écrit, mais nous pouvons détacher l’analyse de situation dans laquelle, outre les données statistiques, sont mis en évidence le manque de politiques et de services de santé mentale en Guinée. Le plan stratégique présenté reflète une sensibilité particulière quant aux situations culturelles, la participation communautaire, la lutte contre le stigmate, la protection des droits de l’Homme. De plus, dans son exposition sont intercalées des vidéos dans lesquelles interviennent des « acteurs » locaux : des sœurs, des professionnels natifs et des malades.

On y apprend que le Gouvernement de Guinée construit actuellement deux hôpitaux psychiatriques à Malabo et Bata et que, comme cela a été indiqué au début de cet écrit, notre centre sera bientôt ouvert en tant que service spécialisé entre les hôpitaux et les soins de santé primaires, clôturant ainsi le cercle d’assistance.

Le Dr. Gómez termine en affirmant qu’ « investir dans la santé mentale en Afrique ne revient pas cher, cela ne coûte que 100 francs CFA par personne et par an », mais, au-delà de cette affirmation, il parvient à nous convaincre grâce à son implication et son engagement personnel dans ce projet.

Le témoignage des bénévoles

Trois bénévoles ayant participé au programme de Bénévolat international de la Fondation et une sœur exposent leur expérience.

Sœur Mª Rosa présente ce qu’elle appelle « Chronique d’un voyage : l’Afrique au cœur » dans lequel elle a connu certains projets développés par la Congrégation dans des pays en voie de développement. Elle nous explique que ce sont comme les notes sur la portée de l’hospitalité.  Ses mots et les images qu’elle projette reflètent un service pour les pauvres et les vulnérables plein de dévouement, d’engagement et de joie. Elle déclare que le contact avec ces réalités « te change le cœur », elles impliquent la vie, elles créent une communion.

Ana Izquierdo, auxiliaire de clinique du Complexe d’Assistance de Ciempozuelos, a offert ses services comme bénévole au Centre de Santé Angokong d’Ebibeyin (Guinée équatoriale). Lors de sa présentation, outre le fait de décrire les différentes activités auxquelles elle a participé, elle insiste sur la richesse que cela suppose de vivre aux côtés des sœurs et de connaître une culture différente de la culture occidentale.

Inmaculada Ruíz, physiothérapeute de la Fondation Purísima Concepción (l’Immaculée Conception) de Grenade, a collaboré comme bénévole au Mozambique, au centre de Réhabilitation psycho-sociale les Mahotas. Lors de son allocution, elle nous décrit le travail auprès des enfants et des jeunes souffrant de problèmes de handicap ou de maladie mentale. Elle insiste sur l’excellente attention humaine et technique que les sœurs et les professionnels offrent au Centre et nous projette des images qui révèlent la guérison des enfants chez qui s’ajoutait, aux limites intellectuelles, une malnutrition accentuée.

Cristian Correa, infirmier du centre Sagrat Cor de Martorell (Barcelone), a offert ses services comme bénévole au Ghana, au Centre de jour Benoît Menni de Dompoase. Il présente des données intéressantes sur l’attention portée aux malades mentaux en Afrique et décrit le centre de jour dans lequel il a travaillé. Il reflète le bon niveau professionnel qu’ont reçu les malades et l’engagement des sœurs prenant en charge deux patientes qui sont restées sans famille ou allant à la rencontre des personnes nécessiteuses.

Lourdes Núñez pose quelques questions aux participants.  Avant cette expérience, les motivations étaient celles d’une ouverture sur le monde, de connaître une autre réalité et aider autrui. Au retour, ce qui prédomine c’est un grand sentiment de gratitude, une expérience qui te prend et change ta vie. Parmi les aspects les plus importants : l’éducation sanitaire de la population (Guinée), l’implication du patient dans sa propre guérison (Ghana). Tous encouragent à multiplier cette expérience.

Conclusion

Gema Romero, au nom de Sœur Begoña, remercie toute l’assistance et conclut la journée par un message personnel : « que tout ce que nous avons vu fasse que nous nous sentions plus proches de l’Afrique et de ses habitants. »